L'essentiel
Le chaos institutionnel en Catalogne met en danger une grande région viticole

Les tensions très importantes entre le gouvernement de la province et l’Etat central espagnol ont provoqué la fuite de centaines d’entreprises qui ont préféré mettre leur siège social à l’abri. Si le producteur de Freixenet attend la fin du mois pour se prononcer, Codorniu a déjà transféré son siège social en Rioja où l’entreprise possède des propriétés. « C’est très tendu en ce moment » témoigne un vigneron français installé dans le nord de la Catalogne. « Cela créée des fractures importantes jusque dans le cœur des familles » ajoute-t-il. Lui-même a suspendu les vendanges le jour de la grève générale, par précaution. « Cette crise survient alors que le pays avait enfin surmonté le choc de 2008, les vins catalans étaient enfin devenus prophètes en l’Espagne ». Preuve de ce dynamisme : la surface du vignoble catalan progresse légèrement (+1 % en 2016), il devance la Rioja avec 55 118 ha et plus de 20 000 vignerons. Outre les pionniers du Priorat et du Cava, les appellations comme Pénédès, l’Emporda et Terra Alta ont pris du grade dans le cœur des consommateurs. Situé à 90 % en Catalogne, c’est le Cava qui représente toutefois la plus grosse production avec 1,5 Mhl, loin devant Pénédès (0,5 Mhl), Tarragonna (391 000 hl) et l’appellation générale Catalunya (199 128 hl). Plusieurs entreprises catalanes mènent la danse, Freixenet (529 M€ de CA), Codorniu (233 M€), Torres (263 M€) et pas seulement économiquement. Miguel Torres, patron de la société éponyme préside la fédération espagnole du vin et Josep Lluis Bonet, président de Freixnet, préside la Chambre de commerce d’Espagne… Le monde économique catalan retient son souffle pour la suite des évènements. Yann Kerveno (VSB 1620 du 20 octobre 2017)