L'essentiel
Démarrage prudent pour les primeurs de Bordeaux

Les premiers prix des vins bordelais vendus en primeur sont arrivés en rafale début mai. Malgré une baisse des prix entre 5 et 20 %, ce n’est pas l’euphorie pour l’instant. « Ça ne se passe pas si mal », tempère Jean-Pierre Rousseau, de Diva Bordeaux. Il constate que « le marché asiatique fonctionne bien, surtout Hong Kong qui achète beaucoup. En revanche, c’est le calme plat aux Etats-Unis, où les distributeurs achètent de plus en plus de vins américains qui sont de plus en plus chers. Or les budgets ne sont pas extensibles ».
2017 ne fait pas rêver, malgré une baisse moyenne de 8 % selon Fabrice Bernard, le patron de Millésima. Palmer, Lynch-Bages, Beychevelle, Chasse-Spleen, Armaillac ou Pape-Clément s’arrachent néanmoins, grâce à la force de leur marque. « Globalement, l’Europe résiste bien, notamment la Belgique et la Suisse. Mais il y a une grosse interrogation sur le Royaume-Uni où le Brexit a entrainé une dévaluation de 15 % de la livre », précise Guillaume Cottin, directeur du développement de Dubos et patron de la Vinothèque.
Concernant les achats de particuliers, « c’est très mou car cela reste trop cher pour un millésime moins bien positionné que les deux précédents pour les investisseurs qui veulent faire un placement », selon Jean-Christophe Coisy, de Cavexchange. Les prix des premiers grands crus classés et les vins les plus en vue n’étaient pas sortis au 24 mai. « Ils attendent de voir comment se comportent les marchés pour afficher leurs prix », estime un négociant. Céline Vuillet (VSB 1648 du 25 mai 2018)